En immobilier, le statut auto-entrepreneur séduit de plus en plus les indépendants à la recherche de liberté et de rentabilité

Depuis plus d’une décennie, le statut d’auto-entrepreneur attire de nombreux professionnels désireux de se lancer à leur compte. Dans le secteur de l’immobilier, cette formule séduit particulièrement les agents commerciaux qui souhaitent conjuguer indépendance, simplicité administrative et maîtrise des charges. Être agent immobilier auto entrepreneur, c’est exercer sans être salarié, tout en bénéficiant d’un cadre juridique simplifié. Mais au-delà de ses promesses, ce statut est-il réellement adapté au développement d’une activité immobilière pérenne ? Avec des plafonds de chiffre d’affaires bien définis, une évolution récente des cotisations sociales et des limites spécifiques au métier, il convient de faire le point sur les opportunités mais aussi les contraintes du statut pour les indépendants en immobilier.

Quelles sont les spécificités du statut auto-entrepreneur pour les agents immobiliers ?

Agent immobilier rencontrant des propriétaires pour estimer un bien avant signature du mandatLe statut auto-entrepreneur, aussi appelé micro-entrepreneur, permet à un professionnel de créer une activité rapidement, avec peu de contraintes administratives et une fiscalité allégée. Dans l’immobilier, il est accessible aux agents commerciaux, c’est-à-dire aux professionnels qui agissent pour le compte d’un mandant (souvent un réseau ou une agence), sans avoir la qualité d’agent immobilier au sens juridique du terme. Ce cadre leur interdit par exemple de détenir une carte professionnelle, mais il leur permet de signer des mandats et de négocier des transactions immobilières, dès lors qu’ils sont inscrits au RSAC et qu’ils disposent d’un contrat avec un réseau ou une structure mandante.

L’un des principaux avantages du statut auto-entrepreneur est sa simplicité. Le professionnel déclare son chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement, bénéficie d’un régime fiscal forfaitaire, et peut opter pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu. Ce mode de fonctionnement évite la gestion comptable complexe et les déclarations multiples propres aux autres formes juridiques.

Cependant, ce statut implique un plafonnement du chiffre d’affaires. Pour les prestations de services comme celles d’un indépendant en immobilier, le seuil reste fixé à 77 700 euros hors taxes par an. Au-delà, l’auto-entrepreneur bascule dans un régime classique, plus contraignant. Il faut aussi noter que le régime prévoit une franchise en base de TVA, avec un seuil à 37 500 euros (et un seuil de tolérance à 41 250 euros). Cela signifie qu’en dessous de ce montant, l’agent ne facture pas la TVA. L’agent n’est donc pas obligé de facturer la TVA, ce qui n’est pas réellement un avantage mais simplement un gain de temps administratif pour les déclarations de TVA, d’autant plus que son principal client (réseau de mandataires ou agence immobilière) récupèrent la TVA.
Cette option de franchise en base de TVA est parfois moins intéressante puisque, lorsqu’on ne collecte pas la TVA, on ne peut pas non plus la déduire sur ses dépenses.

Enfin, le taux de cotisations sociales évolue régulièrement. Depuis le 1er janvier 2026, celui-ci s’élève à 25,60 % du chiffre d’affaires déclaré pour les agents commerciaux relevant des bénéfices non commerciaux (BNC), selon le décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025. Il s’agit d’une hausse progressive entamée en 2022, destinée à améliorer les droits à la retraite complémentaire. Cette hausse doit être intégrée dans le calcul de rentabilité par les agents qui envisagent ce statut.

Pourquoi le statut auto-entrepreneur est-il souvent choisi dans l’immobilier ?

Pour un agent immobilier auto entrepreneur, le choix de la micro-entreprise repose souvent sur un triple objectif : simplifier le démarrage de l’activité, limiter les risques financiers et conserver une liberté d’action. Ce statut est parfaitement adapté aux profils en reconversion, aux jeunes professionnels, ou aux commerciaux expérimentés qui souhaitent tester leur activité de manière progressive, sans lourdeur administrative.

La souplesse du statut permet à l’indépendant d’ajuster son rythme de travail, de choisir ses horaires, ses méthodes et ses outils. Il peut travailler depuis n’importe où, sans contrainte de local commercial. Cette autonomie séduit particulièrement dans le contexte post-Covid, où le télétravail et la digitalisation ont redéfini les standards professionnels.

De plus, les charges étant proportionnelles au chiffre d’affaires, l’agent ne paie que lorsqu’il génère du revenu. Il n’y a pas de cotisations minimales obligatoires en l’absence de chiffre d’affaires, ce qui permet de sécuriser les premiers mois d’activité. Cela constitue un filet de sécurité pour les indépendants, notamment en période de creux ou de transition.

Sur le plan fiscal, le régime reste avantageux tant que les revenus restent en dessous des seuils fixés. L’impôt est calculé de manière forfaitaire, avec une base réduite selon un abattement automatique, ce qui peut limiter la charge fiscale comparé à d’autres statuts juridiques.

Enfin, les outils digitaux mis à disposition par les réseaux mandataires immobiliers permettent aux auto-entrepreneurs de professionnaliser leur activité sans frais importants : logiciels métiers, accompagnement juridique, formation continue, gestion des leads et diffusion des annonces sont souvent mutualisés. Cela facilite considérablement le quotidien des agents sans structure propre.

Le statut auto-entrepreneur permet-il vraiment de développer une activité à long terme ?

Bureau d’agent immobilier avec documents fiscaux et suivi du chiffre d’affaires C’est probablement la question la plus stratégique. Si le statut auto-entrepreneur est une excellente porte d’entrée dans le monde de l’immobilier, il montre ses limites dès lors que l’activité se développe de manière significative. Le premier obstacle est le plafond de chiffre d’affaires. À 77 700 euros HT par an, ce seuil peut rapidement être atteint par un agent performant, surtout dans les zones à forte rotation ou en travaillant sur des biens à forte valeur.

En dépassant ce plafond, l’agent bascule alors dans un régime fiscal classique, avec des obligations comptables plus lourdes et une nécessité de passer en entreprise individuelle au réel, c’est-à-dire chiffre d’affaires moins charges, avec fiscalité et cotisations sociales calculées sur le résultat.
Au réel à l’impôt sur le revenu, comme pour le statut micro-entrepreneur, il n’est pas possible d’ajuster sa rémunération. En revanche, cette possibilité existe en cas d’option pour l’impôt sur les sociétés en tant qu’entrepreneur individuel, ce qui permet d’optimiser la fiscalité de ses revenus en fonction de ses objectifs et de son taux moyen d’imposition à l’impôt sur le revenu.

De plus, la protection sociale d’un auto-entrepreneur immobilier reste plus faible que celle d’un salarié ou d’un chef d’entreprise affilié à un régime plus complet. Les droits à la retraite, les indemnités journalières ou les couvertures en cas de maladie ou d’accident sont moins favorables. Il est donc conseillé de souscrire à des assurances complémentaires dès que l’activité devient stable.

Malgré cela, le statut auto-entrepreneur reste un tremplin efficace et stratégique surtout au démarrage de l’activité. Il offre un cadre souple, une faible barrière à l’entrée, et un terrain d’expérimentation sécurisant. À condition d’être bien informé et de planifier son évolution, il peut tout à fait s’inscrire dans une trajectoire de développement solide.

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